Entre amis - Jocelyn Granado
Reprendre une PME artisanale à 26 ans demande de l’énergie, et beaucoup de bon sens.
Nous étions déjà trois amis, trois associés : un petit groupe. Mais pour créer l’entreprise de nos rêves, cela n'était pas suffisant. Il nous fallait créer une équipe dans laquelle tout le monde pourrait prendre du plaisir et trouverait sa place, à l’instar de l’équipe de football qui nous avait réunis, à nos 15 ans.
Pour recruter nos premiers collaborateurs, il a fallu rendre séduisante une activité qui ne l’était pas. Première barrière : notre local, installé à Bagnolet (93), dans les sous-sols de la cité HLM de La Noue. Deuxième barrière : convaincre que le métier de fabricant d’enseignes lumineuses nous permettrait de construire une entreprise extraordinaire, à la croisée de l’artisanat, de l’industrie numérique et des nouvelles technologies.
Nous nous sommes tournés vers notre cercle le plus proche. Les seuls pouvant nous faire confiance à ce stade. Peu importait le lien (amis d’enfance, famille...) ni le parcours (vendeur saisonnier sur les plages, agent d’entretien de nuit dans les palaces parisiens, maroquinier dans une maison de luxe, ou responsable logistique dans le secteur automobile...).
Une seule question comptait : « est-ce que tu crois en cette aventure ? »
Compter seulement sur la motivation de son équipe, c’est savoir accepter les erreurs, les accueillir avec bienveillance. Vouloir développer son entreprise, c’est savoir déléguer, et écouter les feedbacks du terrain. Pérenniser son organisation, c’est former aux outils de management et faire ruisseler la culture d’entreprise. Nourrir la confiance, c’est faire ce que l’on dit, et rendre aux équipes ce qu’elles permettent de construire : évolutions professionnelles, primes, augmentations de salaire, intéressement au résultat, statuts cadre.
Grandir c’est élargir son cercle d’influence. Pour atteindre aujourd’hui les 40 collaborateurs, il a finalement fallu recruter en dehors de notre entourage familial et amical. Alors nous avons ouvert chaque mois les portes de notre atelier aux élèves de Collège et lycée. Monsieur le Recteur des Académies de Paris, Versailles et Créteil s’est même joint à une visite. Nous avons compris que ce que nous avions mis en place trouvait une résonnance. Notre double projet économique et social était né : « Révéler les ambitions des jeunes des filières professionnelles ». Parce qu’une PME sait qu’elle doit offrir pour espérer recevoir.